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Les 3 finalistes des Prix HiP 2020 • catégorie "Monographie artistique"




Les 3 finalistes des Prix HiP 2020 • catégorie "Monographie artistique"
Réuni mi-octobre, le jury des Prix HiP 2020 a retenu trois ouvrages finalistes dans la catégorie Monographie artistique. Le nom du lauréat sera dévoilé début novembre.

Les trois ouvrages finalistes :
Tropiques, de Julien Coquentin (lamaindonne)
Jamais je ne t'oublierai, de Carolle Bénitah (L'Artière)
L'image dans le miroir, d'Édouard Taufenbach (L'Artière)


Les 3 finalistes des Prix HiP 2020 • catégorie "Monographie artistique"

Tropiques • Julien Coquentin

Avec ce nouvel ouvrage, Tropiques, Julien Coquentin explore encore plus avant ses thèmes de prédilection que sont l’enfance, la famille, le territoire et l’altérité.
C’est à l’issue d’un voyage à La Réunion qu’il a élaboré sa nouvelle série. Parti y travailler comme infirmier, avec sa femme et ses trois enfants, il a passé 2 ans à prendre des photos et rédiger des textes, considérant que photographier et écrire sont les deux faces d’une même création.
Comme il le disait dans un entretien : « Je crois que mon écriture ressemble à ma photographie et qu’il est donc possible de les confondre. » C’est aussi l’intérêt éditorial de cet ouvrage : donner le même rôle aux textes (5 nouvelles, comme des contes) et aux images, sans que l’un soit une illustration de l’autre. Textes et photographies seront donc les deux acteurs du même récit, chacun avec ses particularités, permettant ainsi de dire ce qui ne peut être imagé et d’imager ce qui ne peut être dit.
Julien Coquentin laisse vibrer, dans des images où la moiteur de l’île est quasiment palpable, les thèmes du rapport de l’homme et de la nature, de l’intimité de la famille prise dans un territoire étranger, de la différence de l’autre culture…
lamaindonne • 18 x 24 cm • 192 pages • 37 €
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Les 3 finalistes des Prix HiP 2020 • catégorie "Monographie artistique"

Jamais je ne t'oublierai • Carolle Bénitah

J’ai réalisé, en travaillant sur mes archives personnelles, qu’il existait très peu d’images de mes parents avant leur mariage, un désert iconographique expliqué par le fait qu’ils sont nés dans les années 1930 dans un Maroc encore sans eau courante ni électricité. Les rares photographies détenues par ma grand-mère étaient verrouillées à double tour pour ne pas évoquer le drame causé par la perte accidentelle d’un de ses fils.Une chape de silence avait frappé d’interdit cette vie antérieure. Je me suis retrouvée orpheline d’images du passé.
Je collectionne les photographies anonymes que j’achète dans les brocantes. Je suis aimantée par ce bonheur qui s’affiche au garde-à-vous sur ces photos, par ces gens que je ne connais pas et qui ont existé, aimé et disparu. Ils sont des fantômes qui me suivent sans bruit et je me les approprie pour construire un album de famille imaginaire afin de réparer l’oubli.
Je reconstruis la mémoire de ma famille qui m’a manqué, je m’en invente une autre sur
mesure où je ressuscite tous les ascendants qui ont disparu, les territoires que je n’ai pas connus et qui m’ont été vantés.
Ces rebuts, cédés pour quelques euros sur le bord du trottoir parce que les héritiers n’en veulent plus, changent de statut par un geste, l’application de la feuille d’or sur la photographie. En masquant une partie de l’image, et plus spécifiquement les visages de ces fantômes, je décuple les projections possibles.
L’or est un métal inoxydable. L’à-plat doré opère à la fois comme une oblitération et une surface brillante sur laquelle se réfléchissent nos propres visages.
Je choisis des photographies qui évoquent quelque chose de déjà-vu, une pose familière, des moments heureux qui illustrent toutes ces fables racontées sur les ancêtres. Ce bonheur ritualisé au fil des évènements renvoie aux mensonges sur le mythe familial. Il évacue la matière noire liée à la famille, justement absente de ces photographies-là.
Afin de démentir ce bonheur idéal, je note au bas des photographies de cet album imaginaire, des souvenirs personnels et douloureux qui parlent de difficulté à se construire une vie heureuse « comme sur les photos ».
Je tape ces souvenirs sur un clavier dont des touches sont inopérantes à cause d’un café que j’y ai accidentellement renversé, tout comme Hölderlin qui a volontairement enlevé certaines cordes de son piano et joue sans savoir lesquelles sont manquantes. Les souvenirs que je relate deviennent opaques, incompréhensibles pour le lecteur. Mais à l’instar de ces photographies qui disent l’impossibilité de l’identification, je construis des souvenirs absents.
Utiliser ces images est une façon de vivre par procuration et de reconstituer une vie rêvée. Néanmoins, l’intervention à la feuille d’or crée des trous de mémoire et impose une distance, ce qui fait que je ne suis pas dupe du mensonge qu’elles affichent.
Travailler sur ces photographies permet de faire le deuil de cette vie de famille idéale. Reprendre un à un tous les anciens fantasmes concernant ces projections et les démonter rend cette mort symbolique supportable.
L'Artière • 20,7 x 22,5 cm • 56 pages • 65 €
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Les 3 finalistes des Prix HiP 2020 • catégorie "Monographie artistique"

L'image dans le miroir • Édouard Taufenbach

Il y eut d’abord Spéculaire, série de photocollages d’Édouard Taufenbach, présentée galerie Binome, à Paris, au printemps 2018. Aujourd’hui, il y a l’Image dans le miroir, premier livre du jeune artiste, qu’il a lui-même mis en page. Or, si l’ouvrage reprend ses travaux élaborés à partir de la collection de photographies vernaculaires de Sébastien Lifshitz, il est si audacieux et inventif qu’il permet non pas, comme souvent, de moins bien voir ou revoir les oeuvres de l’exposition mais, au contraire, d’en avoir une expérience encore plus complète. On commence à connaître la collection Lifshitz dont des aspects furent montrés aux Rencontres d’Arles (Mauvais genre, 2016) ou, l’année dernière, au Centre Pompidou, à la faveur de la programmation consacrée au réalisateur des Invisibles (2012). L’homoérotisme y est très présent mais, de manière plus générale, c’est la liberté des corps qui a retenu l’attention de Taufenbach. Ces images en noir et blanc de loisir, de plaisir et de désir sont des photographies intimes mais aussi de simples photographies de vacances. Taufenbach les reproduit d’abord à plusieurs exemplaires, parfois dans des dimensions différentes, puis les découpe et en réagence les parties dans une composition qui
semble emprunter à la stéréoscopie et à la chronophotographie. L’artiste souligne un aspect formel ou narratif – les courbures d’un corps, un geste – ou réinterprète complètement l’image. Dans tous les cas, il l’anime. Le livre amplifie ce phénomène en faisant entrer le lecteur dans l’opération de fragmentation de l’image conduite par Taufenbach, qui reproduit la plupart des photocollages à cheval sur le recto et le verso d’une page. L’Image dans le miroir confirme que l’iconoclasme au scalpel de Taufenbach est, en fait, au service de la vue. Étienne Hatt
L'Artière • 24 x 30 cm • 78 pages • 55 €
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